La valeur du point : ce levier d’économies qui tue le mérite ?​

Alors que de plus en plus d’agents font face à des difficultés, l’augmentation de 3.5 % de la valeur du point montre encore une fois le mésusage de la classification actuelle d’autant plus criante dans un contexte d’inflation marqué. La valeur du point corrigée de l’inflation a baissé de plus de 12 % depuis 2010.

La conséquence immédiate de cette économie de gestion décidée par les pouvoirs publics est la mise à mal de l’avancement professionnels au mérite qui place l’encadrement managérial en situation de devoir choisir qui de ses agents verra son pouvoir d’achat maintenu et qui le verra baisser. Une situation loin d’être évidente.

 

A la CFE-CGC des Alpes-Maritimes, nous pensons que sur les quatre volants disponibles permettant d’augmenter la rémunération des personnels, l’un d’entre eux doit concerner le mérite.

 

          La valeur du point doit adapter la rémunération au coût de la vie

          L’ancienneté récompenser la fidélité à l’institution

          Les parcours (niveaux) valider la prise de responsabilités

          Les pas de compétences (points) doivent être justifiés par l’implication et le mérite

 

Du fait du gel et d’une revalorisation insuffisante de la valeur du point, voir le tableau effrayant ci-dessous (inclus l’inflation jusqu’à août 2022 et l’augmentation de 3.5 % à venir), les managers sont obligés de prendre en compte la situation des salariés au-delà des simples considérations de performance et d’implication.

Comment peut-on imaginer ne pas accorder sur un rythme, à minima tous les 4 ans, une augmentation à un agent même si on aurait préféré récompenser un agent très performant et s’étant fortement impliqué qui n’a pas eu d’augmentation depuis deux ans ? Ce d’autant plus que même avec une augmentation tous les 4 ans, le niveau de vie des agents de la sécurité sociale, ne se maintenait que grâce à l’ancienneté (avec une inflation à 6.2 % sur les douze dernier mois, ce n’est déjà plus le cas).

 

La Sécurité Sociale crée-t-elle volontairement des travailleurs pauvres ?

 

Cette systémique oblige l’encadrement à devoir « faire avec » là où la classification aurait dû permettre au contraire de déconnecter le coût de la vie et la performance.

 

Or ce qu’on voit arriver c’est plus de précarité, notamment chez les jeunes avec des demandes d’avance sur salaire ou d’autorisation de travail secondaire. Enfin, la situation de chacun peut être impacté par les événements de vie (divorce, deuils….) rendant les évolutions salariales d’autant plus cruciales qu’il y a souvent des enfants à nourrir dans un département pour le budget logement est très pénalisant.

 

On ne peut pas tenir rigueur aux directions locales pour les décisions qui sont prises par l’autorité de tutelle. Celle-ci porte la responsabilité des difficultés et de l’explosion des démissions depuis deux ans au sein du réseau. Ce n’est pas la RSO qui suffira à compenser cet état de fait. La Sécurité Sociale est-elle désormais créatrice de travailleurs pauvres pouvant placer l’encadrement devant des choix difficiles ?

 

Le CSE peut-il aider encore plus ? 

 

Face aux difficultés croissantes de trop nombreux agents, par son budget, et sa raison d’être, le CSE a la possibilité d’aider selon les situations, ce qu’il fait. Mais allons plus encore plus loin, La section CFE-CGC propose que le CSE, en ce qui concerne les activités et le tarif des œuvres payantes, notamment les commandes de chèques vacances, prenne en compte le quotient familial Caf plutôt que le niveau. Une façon de rendre les œuvres sociales plus proches des réalités de chacun.

 

Il appartient aux organisations syndicales de faire lutte commune pour le pouvoir d’achat des agents et de revendiquer tous les avantages possibles afin de compenser le plus possible l’aveuglement dogmatique du ministère.

À propos de l’auteur : Arnaud

Délégué Syndical, CFE-CGC, CPAM06
Référent fédéral IA
Membre du groupe confédéral IA


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