Quelle est la différence entre un bureau plein sud et un bureau aux fenêtres abritées plein nord ? Aucune. Il n’y a la climatisation que de 9h à 17h.
Pourtant les besoins ne sont pas les mêmes. Vous êtes nombreux à évoquer la difficulté à travailler dans un bureau où la température atteint, voir dépasse les 27 degrés dès 8h du matin. De la même manière, travailler après 17h dans ces conditions est décourageant et vous avez été un certain nombre à jeter une éponge détrempée de sueur.
Dès le mois de mai, nous avons alerté la direction lors de la commission santé sécurité et santé au travail, sur la nécessité d’agir contre la chaleur. Si, d’ici deux ans, des travaux seront effectués avec le remplacement des fenêtres et du système de chauffage/refroidissement, cela n’aura pas d’effet immédiat. Et des besoins, il y en a maintenant. La situation est brûlante. Le réchauffement climatique ne va pas se mettre en pause et d’autres épisodes caniculaires vont se succéder à un rythme infernal. On ne peut pas se contenter d’attendre.
Il est donc urgent d’aller plus loin dans la réflexion. Les mesures actuelles apparaissent nettement insuffisantes. Fermer un rideau qui fonctionne mal où qui ne fait que filtrer la lumière n’a que peu d’impact. Quand la température extérieure est déjà supérieure à 28, ouvrir les fenêtres ne fait qu’entrer la chaleur et créer une demande énergétique supérieure lorsque la climatisation est enfin mise en route.
Des difficultés individuelles voir collectives…
Bien évidemment, l’objectif annuel de réduction des dépenses énergétiques et des émissions de CO2 est une trajectoire qu’il faut absolument maintenir. Mais il ne saurait dépasser l’obligation de l’employeur de garantir la santé et la sécurité de son personnel au travail. L’évolution du climat et les événements météorologiques caniculaires font que la climatisation n’est plus un confort, c’est une nécessité et pas seulement pour les personnes fragiles que sont les femmes enceintes, ou certaines personnes handicapées. Fatigue, irritabilité… sur le court/moyen terme, devoir supporter de telles températures va entraîner des difficultés individuelles voir collectives. C’est une certitude.
En outre, à moins que les bâtiments de la CPAM échappent aux règles communes, la climatisation consomme peu comparée au chauffage. L’impact de trois heures quotidiennes en moins, de climatisation là où il y en aurait besoin, sur la consommation énergétique annuelle, ne nous semble pas suffisamment important pour justifier les limitations actuelles en période d’alerte. De plus, il ne nous parait absolument pas certain qu’il y ait une réelle économie compte tenu de la puissance énergétique utilisée pour rattraper la chaleur accumulée dès le matin. Au contraire, la sollicitation généralisée et brutale dans un environnement déjà très chaud amène un rendement moindre. On essaye de gagner quelques euros sur la plage d’utilisation mais le besoin de transfert calorifique est ensuite nettement supérieur. L’intérêt ne devient donc que financier, s’il existe.
La CFE CGC souhaite donc que :
1, la climatisation soit allumée dès le matin jusqu’à 18h20. Faisons confiance aux responsables pour qu’elle ne soit utilisée que dans les bureaux exposés et pour les personnes en ayant un réel besoin,
2, le référentiel de 27° comme seuil de déclenchement soit être revu à l’aune de la réalité humaine. Nous ne réagissons pas tous de la même manière à la chaleur et cette valeur moyenne est bien trop élevée pour beaucoup,
3, qu’un plan adapté aux alertes climatiques liées à la chaleur soit mis en œuvre. A ce titre, nous fournissons en exemple une série de mesures de ce qui peut être fait et nous vous encourageons à faire de la CPAM des Alpes-Maritimes, un employeur attentif à la réalité vécue par les salariés,
4, que les risques liés à la chaleur soient inscrits au répertoire des risques professionnels (DUERP) .
La CFE CGC prend le pari que d’ici trois prochaines années, il sera prouvé qu’au niveau des entreprises, les coûts liés à la chaleur seront supérieurs aux économies liées à la limitation de la climatisation. N’attendons pas les premiers malaises pour prendre les mesures qui s’imposent.
Délégué Syndical, CFE-CGC, CPAM06
Référent fédéral IA
Membre du groupe confédéral IA
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