La reforme des retraites en discussion, l'avis de la CFE-CGC et l'analyse du Maoutig
Alors que diminuer les droits à la retraite des salariés est le but non avoué du projet gouvernemental, la CFE-CGC est en opposition argumentée à une augmentation de l’âge légal de départ et à un allongement de la durée de cotisation.
Pour la CFE-CGC, devoir décaler l’âge légal de départ en retraite de 3 ans, ou de 2 ans en augmentant la durée de cotisation, n’est ni argumenté, ni une fatalité !
Malgré une méthode qui jette le trouble sur la loyauté des concertations menées par le ministère du Travail avec les partenaires sociaux, la CFE-CGC, eu égard aux enjeux d’une telle réforme, reste mobilisée !
Retrouvez notre vidéo avec les analyses de Gérard Mardiné, Secrétaire général confédéral, en cliquant sur le visuel ci-dessus.
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L'analyse du Maoutig
La réforme des retraites » est en cours de « négociation si on peut encore appeler ça ainsi. Lors du passage au Sénat du PLFSS, la majorité sénatoriale Les Républicains y avait inclus le report de l‘âge légal de départ à la retraite à 64 ans. Les avis semblent se contredire quant-aux perspectives à moyen long terme. En danger, pas en danger, petit éclairage pour comprendre pourquoi le système des retraites par répartition ressemble de plus en plus au chat de Schrödinger.
Trois grandes forces agissent sur la nécessité de réformer le système des retraites par répartition qui doit être à l’équilibre. Tout d’abord, le volant démographique. Dans une volonté commune de ne pas créer de dette, les organismes en charge de la gestion paritaire, « doivent anticiper les éléments majeurs qui influent sur l’équilibre du régime que sont les vagues démographiques » (F. Hommeril, Président de la CFE-CGC ». Le système se réforme donc en permanence pour s’adapter aux évolutions prévues à 20 ou 30 ans. Il n’y a pas de réelle urgence.
L’autre grand indicateur, est celui de la perspective économique. Le Conseil d’Orientation des Retraites (Cor) indique clairement les scénarios possibles et suivant ceci, la situation peut être bonne ou mauvaise. Enfin, le troisième vecteur poussant les réformes est politique, et correspond aux aspirations électorales, idéologiques et communicationnelles.
Pour atteindre l’équilibre, on peut agir sur le montant et la durée des retraites et des cotisations, ainsi que sur les méthodes de calcul. L’hypothèse gouvernementale est qu’il existe un risque de voir le système déficitaire et qu’il convient de l’ajuster en rallongeant la durée de cotisation par le décalage à 64 ou 65 ans (la communication varie) de l’âge de départ.
Il a été évoqué également un changement dans la méthode de calcul pour passer du système de calcul par trimestres vers la méthode par points. La méthode par points a été introduite en 1946 par la CGC avec la création de l’AGIRC pour la partie du salaire soumise à cotisation, supérieure au plafond de la sécurité sociale. Elle agit de manière complémentaire avec le régime général. La CFE-CGC, comme d’autres syndicats, s’est déclaré contre le basculement du régime général vers le point, le risque d’effets indésirables n’étant pas écarté. Il semble que le gouvernement ait renoncé à cette partie de la réforme.
Agenda Caché
Reste ce qu’on appelle la réforme paramétrique c’est-à-dire qui joue sur les paramètres mis en œuvre. Les plus classiques sont donc la durée de cotisation et l’âge de départ.
Le gouvernement entend donc créer plus de réserves que le COR ne semble indiqué comme nécessaire. D’autant plus qu’à 20 ou 30 ans, la situation est encore très volatile. « Difficile à voir, toujours en mouvement le futur est » selon les mots d’un grand sage longtemps en retraite. Mais alors pourquoi ? Et c’est là qu’on ne peut s’empêcher de réfléchir à un agenda caché.
Dans les perspectives, à très long terme, plus ou moins discutées, quant-à l’avenir de la Sécurité Sociale et de sa gestion paritaire, il y a la fusion des branches et l’intégration au sein de la fonction publique. Ceci entrainerait l’inutilité des cotisations, les impôts pouvant se charger de récolter l’assiette budgétaire nécessaire via l’ajustement des impositions existantes.
Mais il y a surtout une volonté politique de réduire le coût du travail pour les entreprises. Baisses de cotisations ou crédit d’impôts, il y a de nombreux moyens de le faire. A l’instar de ce qui a été fait pour la branche emploi, on peut facilement imaginer que le gouvernement cherchera à réduire le montant des cotisations grâce au matelas d’économies engendré par un départ à la retraite à 64 ans. Ce faisant, il réduira l’aspect solidaire du système actuel, et fera monter le risque de précarité pour les plus de 55 ans.
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