Depuis le mitan des années 2000, le dialogue social est très souvent méprisé par une frange relativement importante de la classe dirigeante. Thomas Fatôme est un exemple parmi tant d’autres et si aujourd’hui, même le corps médical en vient à demander son départ, ce n’est pas pour rien.
Vécu comme un frein voire un fardeau, l’obligation de discuter avec ces boulets de syndicalistes empêche d’avancer, d’évoluer de se tourner vers l’avenir. A la CFE CGC, nous pensons qu’au contraire, la capacité des institutions à écouter les personnes directement concernées par leurs décisions est une source d’efficacité.
Combien de fois des projets mis en œuvre doivent être repris, modifiés après qu’on s’est aperçu de problèmes que les partenaires sociaux auraient pu aider à anticiper. Quels coûts ces adaptations engendrent-elles ?
A la CPAM des Alpes-Maritimes, le dialogue est ouvert, constructif. On ne s’en plaindra pas. Mais on peut faire encore mieux. Quand des changements aussi impactant que la gestion des poubelles sont présentés au CSE, il est souvent trop tard pour éviter les désagréments que nous connaissons aujourd’hui. Si les syndicats avaient été consultés en amont, nous aurions pu prévenir des difficultés auxquelles chacun doit faire face aujourd’hui : détritus qui s’accumulent, poubelles qui débordent, ramassage le matin ce qui laisse la nuit aux déchets organiques pour mariner…
Suite aux différentes remontées, la direction a déjà décidé des aménagements : prise en compte des difficultés de certains agents à se déplacer, commandes de nouvelles poubelles plus adaptées, changement des horaires de collecte… Cependant, on devine déjà que les poubelles enlevées seront remplacées par les agents par des poubelles individuelles qu’ils achèteront… Le coût carbone sera donc négatif pour cette partie de l’opération dont l’impact financier nous semble également limité, et financé de toute manière sur du temps agents. Il semble totalement illusoire d’imaginer un salarié dépointer pour aller à la poubelle…
Soyons clairs, le tri sélectif est une bonne chose dans la mesure où il est fait correctement. Dans de bonnes conditions qui permettent l’adhésion. Il y aura du mieux tant le tri était jusqu’à présent délaissé. Mais on aurait pu mieux faire.
Cela restera donc du temps perdu comme le sera le temps que vous passerez aux barrières si le projet d’automatisation vous oblige à apposer votre carte d’accès à une borne. Les conséquences ne seront pas graves ou systématiques, juste du temps aux heures de pointe, de l’essence consommée et de la pollution en plus… particulièrement pour les voitures devant s’arrêter dans la montée.
En prise avec le réel, les syndicats sont là pour amener une vision autre, la vôtre, à des projets parfois amenés sur des rails oubliant certaines dimensions. Faute de temps, ou faute de volonté, le manque de dialogue en amont pénalise les entreprises là où l’Allemagne a su en faire une force. Ce n’est pas dans la culture dirigeante française dont la vision très descendante tourne parfois à l’autoritarisme ou à l’aveuglement. Ce n’est pas une fois dans le mur qu’on doit regretter de ne pas avoir écouté ceux qui prévenaient. Mais en général la réaction est souvent la même « Ca reste pas, ça glisse ». Et passons à autre chose.
Sauf que non. Les salariés ont de la mémoire et des émotions. Chaque déni est une entaille qui pousse au burn out, à la dépression ou à la démission. Les cadres managers, experts et techniques ne sont pas à l’abri. Au contraire. Ils sont en première ligne des frontières de l’absurde là où la mission, les objectifs se confrontent au réel.
2026 s’annonce comme une année chargée socialement :
- Elections des représentants du personnel au Conseil
- Révision de la pesée de certains emplois non repérées
- Phase 2 du projet de Transformation de l’Assurance Maladie (intégration du SM)
- Révision de l’accord de télétravail afin d’harmoniser les droits et devoirs entre agents administratifs et agents de l’ancien Service Médical
- Droits des syndicats par rapport aux technologies de l’information et de la communication
La CFE CGC continuera en 2026 à porter notre expertise, nos connaissances des métiers et des enjeux, lors des négociations, et à vous donner la possibilité de connaitre afin que vous puissiez peser sur les choix et orientations qui seront faits. Le meilleur moyen étant bien entendu de voter CFE CGC.
Pour terminer, au nom de la section de la CPAM des Alpes-Maritimes, je vous souhaite une excellente année 2026.
En savoir plus sur L'ECRAN CFE-CGC / CPAM06
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