C’est une décision en forme d’aveu. La Cnam voit son rêve arpège couler au port. Elle jette désormais son dévolu sur son nouveau projet : SOLA.
La note finale sera sans doute salée avec la mise au rebus progressive d’arpège et son cortège d’assurés laissés dans la mouise. Destiné à gérer les arrêts maladie, le remplaçant de progrès s’est révélé incapable de traiter les dossiers complexes engendrant l’impossibilité de verser des IJ souvent aux populations qui en ont le plus besoin en Vendée et en Loire-Atlantique, les deux CPAM pilotes. Pire, les bases de données ont été tellement bouleversées que chaque dossier est un calvaire à remonter. Outre les assurés, les agents de liquidation comme de front office ont énormément souffert de la situation avec comme conséquence burn-out et de nombreuses démissions. La responsabilité de la CNAM est accablante.
On ne fera pas l’économie de se demander pourquoi ces anomalies systémiques ne sont pas apparues lors d’essai sur bases test. Ont-ils géré le lancement comme un jeu vidéo, plein de bugs en phase beta mais déjà vendu et diffusé ? Mais derrière les dossiers, il y a de vrais gens, des familles, des enfants… sourde, la CNAM, face aux remontées alarmantes des syndicats, a préféré creuser son sillon indiquant que tout allait dans le bon sens, puis que les choses allaient s’arranger montrant des délais moyens de paiements plus courts avec un taux d’automatisation de 70 % contre 30 dans progrès.
Pourtant, ces résultats ont été atteints au prix de nombreux renforts et nul doute qu’à effectifs constants, le tableau final ne serait vraiment pas beau à voir… Il aura fallu 208 ETP sur 5 plateaux IJ, 16 plateaux experts et des task forces d’intérimaires pour que la situation soit « globalement satisfaisante » à La Rochelle malgré des « tensions persistantes » à Saint Nazaire. Au 31/12, il restait 4880 dossier en stock dans le 44 et 1623 dans le 85. Une paille.
Le terrain enfin pris en compte
Jusqu’auboutiste, la Cnam aura donc financé un projet mal ficelé, mal programmé. Seule l’aide d’un audit externe lui a enfin fait accepter l’idée qu’il fallait prendre la perte et repartir sur de nouvelles bases : un projet nommé Sola (Solution de Liquidation des Arrêts), qui promet une automatisation accrue, un suivi en temps réel et une gestion centralisée par NIR. Arpège sera adapté progressivement pour permettre la bascule vers Sola. Il faudra pour cela, adapter la législation par voie réglementaire. C’est dire le chantier. Sola sera donc un nouveau logiciel qui prendra en compte les observations de terrain.
Ce nouveau chantier démarre sur les ruines de cette catastrophe industrielle qui implique quelques mois supplémentaires de souffrances. En espérant qu’on ne passe pas de Charybde en Sola.
Dites Monsieur Fatôme, Arpège, ça a couté combien ?
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